Justin Kingley nous fait découvrir le don avec un grand D.

Cet homme m’inspire tellement. C’est fou!

Dans un des plus sympa café de notre chère métropole qui est le San Gennaro qui est mon  nouveau spot préféré à Montréal, je me suis entretenue avec un être si humain, si gentil et si vrai. La liste pourrait continuer mais je vais m’arrêter à ces quelques qualités que j’ai découverte autour d’un thé et des merveilleux biscuits que Justin m’a offert lors de notre rencontre.

Thé, Snoopy et Le Livre du Don

Justin Kingley est un roi du monde des communications. À mes yeux, il est le roi!

Justin Kingsley Le Livre du Don

Il a écrit plusieurs livres dont ce livre qui est littéralement à mon avis, une bible. Oui, une bible à mes yeux. Le Livre du Don est rempli de rires, de larmes, de moments sans tabou et d’humanisme.

Allons découvrir à travers cette entrevue, cet être créatif, émouvant et authentique (mon mot préféré).

SD : En 2013, vous avez coécrit l’autobiographie de George St-Pierre. 4 ans plus tard, vous avez écrit le livre du don qui est à mon avis un vrai chef d’œuvre (je suis rendue à la moitié et il y a des moments que j’ai dû faire une pause pour soit pleurer ou pour rire un bon goût avant de continuer).

En 4 années, est-ce que l’expérience que vous avez vécue en écrivant le livre avec George St-Pierre vous a inspiré à rédiger un livre sur le don?

JK : J’ai écrit un autre livre entre-temps qui s’appelle Weology. How Everybody Wins When We Comes Before Me. J’ai écrit le premier livre sur George en 2013 et en 2015, c’était Weology et là maintenant c’est Le livre du Don. Tous les livres sont connectés. Il n’y a pas un qui a inspiré l’autre, mais c’est plutôt des œuvres, des travaux et des ouvrages qui sont connectés l’un à l’autre. Parce qu’avec George, le sommaire de l’histoire est l’histoire de la vie d’un champion. C’est un gars qui est parti de rien pour devenir le plus grand athlète de son époque.

C’est pour inspirer les gens et surtout les jeunes sur le chemin qui peut s’ouvrir à eux s’ils font les bons choix et les bons efforts. Ensuite avec Weology. How Everybody Wins When We Comes Before Me, c’est un livre de business, mais avant tout, c’est un livre sur le leadership en affaires. Le but de ce livre est de montrer aux leaders comment devenir de meilleurs leaders qui ne réfléchissent pas juste au profit financier, mais au profit de leurs collègues.

 Weology

Dans tout cela, qu’est-ce que ces livres ont en commun, c’est du ‘’storytelling’’. Toujours très émotif. J’ai écrit ces deux livres avec deux autres personnes. L’un avec George Saint-Pierre et l’autre avec un président d’une institution financière.

Mais là, Le Livre du Don est connecté aux deux, mais d’une façon indirecte. Ce livre veut faire réfléchir les gens du rôle du don dans leur propre vie. Écrire ce livre-là pour moi a été une trajectoire émotive mouvementée. Ç’a été difficile de faire ce travail pour moi, car il y avait beaucoup d’émotions dans le livre. Il y a de la vie, la mort , la tristesse et il y a beaucoup de sourire. Mon objectif est de faire vivre autant d’émotions possibles autour du don et que c’est possible en faisant vivre autant d’émotions que j’espère que mon lecteur va réfléchir ou il y a quelque chose qui va se passer au sein de cette personne qui va le faire réfléchir à la définition du don dans le cas de sa vie.

Pour moi, ça m’est arrivé. Je pensais le don était de donner de l’argent et de faire de la charité. Il y a un lien, mais il est minime. Tu fais ça pour te sentir bien et t’alléger la culpabilité ce qui n’est pas une mauvaise chose, car quelqu’un en bénéficie. Mais ce n’est pas ça donner. Ce n’est pas de donner plus d’argent. La place du don dans ma vie n’est pas juste de donner de l’argent et je vais continuer à faire ça. Mais c’est de donner plus de mon temps. Déjà que j’en donne. Donner plus de joie, plus de patience.

Moi, en lisant les histoires et en les racontant, de ces personnages que j’ai interviewés pour ce livre, leurs histoires m’ont changé. Ç’a amélioré ma vie et c’est pour ça que nous sommes assis ici (à en parler). Les trois œuvres sont connectées surtout il y a une connexion entre le livre de Weology et celui du Don car ils viennent de la même idée.

En 2004, je travaillais comme attaché de presse pour l’ancien premier ministre du Canada, l’honorable Paul Martin. Avant de commencer ma journée de travail, je lisais mes coupures de journaux tous les matins comme je l’ai mentionné dans mon livre.  Durant une matinée, j’ai lu un article sur Warren Buffet qui a fait un don de plusieurs milliards de dollars. C’est là que j’ai commencé à réfléchir sur qu’est-ce que c’est de donner. C’est un don incroyable que cet individu a fait, mais ça ne touche pas ma vie comme individu. Comment sait-on que ce don sera durable pour la planète? On ne le sait pas.

Alors, c’est à ce moment que j’ai commencé à réaliser que la chose la plus importante n’est pas de donner plus d’argent, mais plutôt de transformer les êtres humains ou d’aider le plus de personnes. D’aider de s’entourer d’autant de gens qui veulent donner. J’avais écrit ce livre sur cet ordre d’idée mais il manquait de quoi.

Et voilà, d’où est venu le Livre du Don.

SD : Nous sommes présentement dans un monde un peu narcissique ou de plus en plus de personnes sont centrées sur elles-mêmes, mais il y a beaucoup d’altruisme également. Est-ce que vous pouvez décrire en particulier comment vous percevez ces deux contrastes?

Tu viens de dire un mot important dans ce que tu viens de me dire et c’est le mot Contraste. S’il y a trop d’un, surtout le négatif, nous sommes dans le pétrin.

Comme tu as dit, moi je suis là pour créer le contraste. Je lui là pour m’assurer que ces histoires-là sont (vues et entendues) pour créer ce contraste. Je veux que les gens voient une lumière au bout de ce tunnel. Ce qui est important, c’est qu’on espère que ces gens vont voir leur rôle en dedans de ça. Je cite souvent ce dicton qui est :

‘’ Dis-moi et j’oublierai. Montre-moi et je me souviendrai. Implique-moi et je comprendrai.’’

Si tu impliques les gens et qu’ils comprennent ce qui se passe tout en essayant de raconter des histoires émotives, on donne un rôle au lecteur et on l’implique. Et là, ils comprennent. C’est ça qu’on espère et ça crée du contraste. En espérant qu’ils deviendront éblouis pour qu’il y ait moins de noirceur et plus de clarté dans leur vie.

Justin Kingsley

SD : Ça me touche vraiment quand tu as dit que tu veux donner un rôle au lecteur. On sent comme si on faisait partie d’une mission. Pour toi, est-ce que tu sens que tu es présentement dans une mission? Si oui, laquelle?

Je suis dans une mission que, tous les jours, j’ai des tâches à accomplir pour réussir ma mission et mes missions. Car ma grande mission est une collection de petites missions. Alors, j’essaie de me dédier le plus souvent possible à mes petites tâches qui sont connectées à réaliser la plus grande mission peut-être.

SD : Je trouve que George St-Pierre et vous partagiez cette attitude philosophique. Comment votre collaboration a-t-elle débuté?

JK : Même avant que je le connaisse, j’ai vu qu’il y avait un côté philosophique à George St-Pierre. Je ne l’avais pas encore rencontré que je sentais que je le connaissais déjà. J’avais écouté ses conférences de presse et j’avais regardé ses vidéos. Et je l’ai regardé se battre. J’ai vu les gestes qu’il pose en entrant dans l’octogone. Tu vois que c’est quelqu’un qui a des valeurs et pour qui ces valeurs sont très importantes dans sa vie. Alors quelqu’un qui a ces valeurs, tu sais que c’est quelqu’un qui est intéressé par la philosophie de la vie. Je sentais qu’on allait bien s’entendre.

Et j’ai su que nous étions durant notre enfance des ‘’rejets’’. On a ça en commun. À force de le connaître, j’ai découvert le génie de cet homme-là. George traite la planète comme une quincaillerie du savoir. Il se promène dans cette quincaillerie. Il l’analyse et se pose la question si l’incorporation de cet outil (qu’il a vu dans cette quincaillerie qui est une parabole avec sa vision de la planète) lui est utile dans sa vie. Si nous mettons cette parabole dans la réalité d’aujourd’hui, dans son panier, il gardera les outils qui vont l’aider à atteindre son objectif qui est de devenir un des plus grands maîtres des arts martiaux. C’est une philosophie de la vie que je trouve unique et incroyable à adopter.

SD : Moi aussi, j’étais un enfant rejeté. Je réalise qu’on était tous un peu ancré vers une attitude optimisme malgré le fait d’être mis à part des autres enfants quand on était jeune et peut-être sombré dans des idées plus pessimismes. Pour George, j’ai l’impression qu’il a toujours été une personne optimiste depuis qu’il était jeune. Est-ce qu’il avait déjà cette mentalité philosophique dès son jeune âge?

JK : Il ne savait pas trop, mais il a commencé à s’orienter vers ses instincts dès qu’il était petit. Et ses instincts l’ont bien guidé. C’est pour ça qu’il est un des plus grands athlètes de tous les temps. Lui, il va dire qu’il n’est pas le grand pratiquant des arts martiaux, mais je lui dis peut-être, mais tu es un des plus grands athlètes.

C’est quelque chose de revenir après 4 ans contre un gars beaucoup plus gros et le vaincre d’une manière si convaincante, c’est du jamais vu. C’est un surhumain. J’aimerais ça devenir aussi bon dans ce que je fais comme lui il a fait dans sa propre vie. C’est un objectif pour moi. On s’entend bien parce que l’un comprend l’autre.

Nous avons toute sorte d’affinité humaine entre George et moi. Il est une inspiration pour tout le monde cet homme-là.

George St-Piere

S’il n’est pas une inspiration pour quelqu’un, je crois que la personne a un problème. Je suis triste pour cette personne-là qui ne pourrait pas trouver d’inspiration dans un gars comme lui.

SD : Je trouve que votre amitié est un modèle sur le don du partage dans une amitié.

JK : Tu réalises en donnant de ton savoir, tu ne perds pas, mais tu gagnes quelque chose.

En aidant aux autres à grandir et à croître, c’est un cadeau pour tout le monde. Tout le monde gagne. C’est ça Weology, c’est de donner et que tout le monde en bénéficie. Il y a différentes proportions dans la façon de donner. Mais si tout le monde gagne, personne ne perd. Ça c’est mon côté un peu plus mathématicien qui m’intéresse. Je rentre juste des plus et pas des moins.

Ça, c’est bon!

 SD : Montréal, c’est notre ville. Vous êtes un Montréalais dans l’âme. Ma question peut sembler un peu étrange, qu’est-ce que Montréal t’a apporté ou t’a donné?

L’individualisme, la liberté créative autant que physique et morale. Tu peux être qui tu veux à Montréal. Tu peux presque dire ce que tu veux dire. Je crois beaucoup en les citations d’Aristode et une de ses citations: tu es libre de faire ce que tu veux depuis que tu n’enfreignes pas la liberté des autres.

Montréal est une ville où tu peux faire ça. J’avais besoin d’une ville comme ça qui me permettrait d’explorer mon côté créatif. Pour moi, c’est une des plus grandes villes créatives au monde où nous avons la liberté morale, la liberté d’expression de réfléchir comme on veut et d’être qui on veut. Je suis un gars d’Ottawa.

Mais je suis un Ottavien dans mon âme et un Montréalais dans mon cœur.

J’adore Montréal et je ne veux pas quitter cette ville.

SD : Même quand il y a du trafic?

JK : Oh, ne parle pas du trafic et de la planification urbaine parce que là tu vas voir un autre côté de moi moins positif. Restons sur cette veine de positivisme s’il-te-plaît hahaha.

SD : Une dernière question que j’aime poser à mon interlocuteur. Quel héritage aimeriez-vous laisser à la prochaine génération d’auteur, de communicateur ou un petit enfant qui rêve être comme toi?

 JK : Les anglophones disent le ‘’Self believe’’. La confiance en soi. C’est dur être une vraie personne créative, être une personne d’idée, c’est difficile. Nous vivons dans un monde où on essaie de couper la tête à ceux qui essaient de se dépasser. Alors, la chose la plus importante est d’être capable d’ignorer toutes ces personnes, de les oublier, de juste croire en soi-même et de faire le travail. La leçon la plus importante est de faire le travail. Si tu travailles plus fort que tes critiques, tu vas gagner. Le vrai héritage est une fois que tu sais ce que tu veux faire, il faut que tu travailles vers ça.

L’héritage que je veux laisser est d’aimer vos cicatrices.

Sur le mur du gym de George St-Pierre, il y a une citation qui est affichée et là voici :

” Nos cicatrices nous disent d’où nous venons. Elles n’ont pas besoin de nous dicter où nous allons.”

Moi, je dis d’aimer vos cicatrices. Moi, ça nourrit mon feu. Quand les gens ne croient pas en moi, ça me nourrit mon feu. Alors, Do the Fucking Work.

SD : Pray the Lord

JK : Moi aussi, je devrais faire ça.

Justin Kingsley Humility is dead

Merci Justin de me faire découvrir le rôle du don dans toutes ses formes.

Je vous invite à regarder ce vidéo inspirant. Un petit indice. Ça parle de l’humilité.

Justin Kinglsey: Humility is dead video

Justin Kingsley Twitter

Le Café San Gennaro

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On se souviendra toujours du 6 décembre 1989

Le 6 décembre 1988 était une journée typique pour moi quand j’étais enfant, venant de ma journée à la garderie.

La vie semblait plutôt bonne, amusante et paisible. Mais ce jour était celui de la peur, de l’anxiété et de la profonde tristesse. Ces émotions négatives ont fait une entrée dans ma vie et je pense, beaucoup de Canadiens, de Québécois et surtout de Montréalais.

J’étais à l’âge préscolaire à ce moment-là, mais je me souviens exactement, venant après ce soi-disant «jour typique» pour ma famille et des milliers de familles. Le visage de ma mère a changé quand elle a vu ce qui se passait en regardant les nouvelles. Mon frère était aussi silencieux que ma mère.

 

Pour moi, ce silence était inhabituel. Le silence fut bientôt suivi par mon téléphone qui sonnait à la maison.

Le chemin

Les vagues de chocs ont commencé.

 

Je ne comprenais toujours pas pourquoi je voyais la lumière rouge clignotante des ambulances à la télé ou pourquoi je n’arrêtais pas d’entendre le mot «Polytechnique». J’ai demandé à mon frère ce qui se passait et il m’a calmement expliqué que nous ne le savions pas encore, mais il y avait eu une fusillade.

Une fusillade?

C’était ma réaction.

J’avais si peur. Nous avions tous tellement peur. Les minutes ont passé et petit à petit, nous avons appris les noms des victimes. J’ai réalisé très tôt, ce sont les noms des femmes. J’ai entendu “Maryse”, “Barbara” …

Je pensais “OMG, je ne comprends pas ce qui se passe”. Notre monde a changé. Je suis allé me ​​coucher, ramper avec ma mère pour dormir. Je ne voulais pas perdre ma maman! Elle était (et est toujours) la femme la plus importante de ma vie. Je pensais que peut-être une jeune fille, comme moi, n’était pas capable de ramper dans les bras de sa mère cette nuit-là.

Avec le 7 décembre 1989, nous avons réalisé que ce n’était pas un mauvais rêve. C’était une réalité qui ne pourrait jamais être effacée de nos esprits et de nos âmes.

À ce moment-là, nous en savions plus sur ce qui s’était passé. Je me souviens que mon frère me disait que la vie ne serait pas facile pour moi en tant que fille ou, plus tard, en tant que femme, mais je devais continuer à me battre pour mon rôle dans la société et être invincible.

Mais pendant qu’il me disait ces mots de sagesse, comme il le faisait toujours, ses yeux avaient peur. Je n’ai jamais vu mon grand frère, mon héros, aussi effrayé. Il était si triste. Il ne pouvait pas comprendre ce qui s’était passé. C’était un garçon intelligent de 11 ans qui a été élevé pour être respectueux envers les femmes et pour les admirer pour leurs accomplissements. Il m’a toujours fait sentir que je pouvais être ce que je voulais, même si cela exigeait de marcher dans le monde d’un homme.

Mais le 7 décembre 1989, il semblait perdu et effrayé.

 

J’ai grandi étant être une fille qui à un côté princesse à petite dose (Barbie, My Little Pony, chantant des chansons de Nathalie Simard et regardant sa série religieusement) avec une grosse dose de garçon manqué (matchs de catch avec mon frère, de façon ‘’hardcore’’, jouant au football et au hockey, peur de se salir avec ma belle robe).

 

Quand j’ai appris ce qui était arrivé à ces quatorze femmes, dont douze étudiaient l’ingénierie, à mes yeux, elles représentaient ce que je rêvais devenir ou te conquérir. Elles ont brisé les barrières en entrant dans un monde dominé par les hommes.  À l’époque, les paroles de sagesse de mon frère la veille semblaient irréalistes.

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Le 6 décembre 1990, je me suis fait une promesse.

Ma promesse était de ne jamais oublier ce qui s’était passé en 1989 et de croire vraiment qu’une société pacifique serait quelque chose qui serait réalisable un jour.

La violence n’est pas la réponse.

Ces femmes, comme beaucoup d’autres avant et après cette tragédie, ont perdu la vie de la façon la plus horrible simplement parce qu’elles étaient des femmes. Ceci est un appel de réveil.

Trop c’est trop.

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December 6th 1989 is always on our mind

December 6th, 1988 was a typical day for me as a child, coming from my day at the daycare. Life seemed pretty good, fun, and peaceful.

But, this day was one of fear, anxiety, and deep sadness.

These negative emotions made an entrance in my life and I think, many Canadians, Quebecers and, especially Montrealers.

I was in preschool at that time, but I do remember exactly, coming home after this so-called “typical day” for my family and thousand of families. The face of my mom changed when she saw what was happening while watching the news. My brother was as quiet as my mom. For me, this silence was unusual.

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The silence was soon followed by my phone ringing at home. The waves of shocks started.

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I still didn’t understand why I was seeing the flashing red light of ambulances on tv or why I kept hearing the word “Polytechnique”. I asked my brother what washappening and he calmly explained to me that we didn’t know yet, but there had been a shooting.

A shooting?

That was my reaction. I was so scared. We were all so scared. The minutes passed and little by little, we learned the names of the victims. I realized early on, these were womens’ names. I heard “Maryse”, “Barbara”…. I was thinking “OMG, I don’t understand what is going on”.

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Our world changed. I went to bed, crawling in with my mother to sleep. I didn’t want to lose my Mommy! She was (and still is) the most important woman in my life. I was thinking maybe a young girl,like me, wasn’t able to crawl into her mother’s arms that night.

With December 7th, 1989 came the realization that this wasn’t a bad dream. It was a reality that could never be wiped from our minds and souls. By then, we knew more about what happened. I seem to remember my brother telling me that life wouldn’t be easy for me as a girl or, later on, as a woman, but I had to keep fighting for my role in society and be invincible.

But while he told me those words of wisdom, like he always did, his eyes were scared. I never saw my big brother, my hero, that scared. He was so sad. He couldn’t understand what had happened. He was a smart 11-year old that was brought up to be respectful to women and to admire them for their accomplishments. He always made me feel I could be whatever I wanted, even if it required stepping inside a man’s world. But on December 7th, 1989 he seemed lost and scared.

I was a mix of a girly girl (Barbie, My Little Pony, singing Nathalie Simard songs and watching her tv show religiously) with a big dose of tomboy (wrestling matches with my brother, the hardcore way, playing soccer and hockey, and not being afraid of getting dirty with my beautiful dress on). Impossible means nothing was my moto.

When I learned what had happened to those fourteen women, twelve of which were studying engineering, breaking barriers by entering a male-dominated world. At the time, the words of wisdom from my brother the night before seemed unrealistic.

On December 6th, 1990, I made a promise to myself. My promise was to never forget what happened in 1989 and to truly believe a peaceful society was something that would be achievable one day. Violence is not the answer.

Those women, like many others before and after that tragedy, lost their lives in the most horrific way just because they were women.

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This is a wake up call. Enough is enough.

 

We are ready for Emily Haines and The Soft Skeletons!

We’ve waited a long time for this show.

The wait is over!

Emily Haines

Emily Haines will entertain us December 4th, 2017 at The Sainte-Thérèse Avila Church in Sainte-Therese.

I am like a little kid right now. I’m all excited and I can’t wait to hear songs like Fatal Gift, Legend of the Wild Horses, Statuettes, and many more.

Emily Haines and The Soft SkeletonEmily H.

I wrote a nice chronicle about Emily’s new solo album, Choir of the Mind.

Statuette with Emily Haines

This is how you start the holiday season, with an ethereal and kick-ass concert, in a beautiful venue. What a beautiful gift from Miss Haines!

You can be sure I will be there like the huge fan that I am. Afterwards, yours truly, the Chronicle girl will post some beautiful pictures, and maybe, some surprises on The Chronicle.

It will be an honor to share with you this visceral experience, but I think it will be even more special if “you are in Montreal” you can all join us and be taken away by Emily and her Soft Skeleton, just for one night.

 

I can’t wait to discover this world next Monday!

Emily

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